les Plans de Travail


 

Considérer un groupe classe comme un système dynamique NL m’a amené à considérer plusieurs organisations pédagogiques. En fait, la nécessité de personnalisation des parcours s’impose rapidement. Il s’agit de considérer qu’un ou plusieurs élèves sont susceptibles de suivre une trajectoire qui leur sera propre à tout moment de la classe. En conséquence, cela sous-entend de mettre en place un fonctionnement qui à tout moment aussi, permet d’agir pour un ou plusieurs élèves de manière à tenter d’accompagner ou de corriger au mieux sa trajectoire.

 

Comment prendre cela en considération dans la classe ? Quel dispositif me permet de rester également dans mes limites fixées ? J'ai fini par installer un système de fonctionnement par plan de travail. Puis, j’ai puisé dans la pédagogie institutionnelle de Ferdinand Oury. L’association de ces deux systèmes pédagogiques m’a permis de trouver un dispositif permettant de développer la mise en place de situations permettant à l’élève de faire des choix afin de le rendre responsable dans son travail. Le but reste de réussir à adapter à chaque élève son parcours, ses volumes de travail sur chaque compétence. Toutefois, ma personnalisation des parcours n’est pas celle de la pédagogie institutionnelle proprement dite et elle n’impliquera pas un rythme d’apprentissages différent d’un élève à l’autre. Aujourd’hui, je ne peux dire si c’est réellement le seul moyen de mettre les principes sous-jacents à la pédagogie CPR en œuvre, mais il est sûr que c’est bel et bien un système qui y répond parfaitement.

 

 

Pour avoir une description complète du fonctionnement d'une classe centrée sur les Plans de Travail CPR, je vous conseille la lecture de mon guide pratique pour enseigner par plans de travail en Cm1-Cm2, paru en novembre 2022. Chaque étape de la préparation des plans, de la gestion du temps, des séances, des évaluations est détaillée pas à pas dans le but de rendre l'installation du système la plus simple et efficiente possible. Ce livre s'appuie sur 10 ans d'expérience et de développement du système dans mes classes successives, qu'elles soient de Cm2 ou de Cm1-Cm2.

 


LE LIVRE : ENSEIGNER PAR PLANS DE TRAVAIL EN CM1-CM2 - LE GUIDE PRATIQUE

 

Auteur : Nicolas DURAND - Editeur : Bookelis - Format A5 - Pages : 235 - Poids : 340g

 

 Dans ce guide pratique, retrouverez toutes les étapes, de la préparation aux évaluations finales, pas à pas, pour vous lancer dans un enseignement par plans de travail dans votre classe de Cm1 et/ou Cm2.

17,90 €

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C'est quoi un plan ?

 

Un plan de travail, dans ma classe, consiste en une feuille donnée à chaque élève avec une liste de 24 exercices. Cette liste est divisée en 6 compétences avec donc 4 exercices dans chacune d’entre elles (après plusieurs essais, je me suis stabilisé sur ces chiffres). Les exercices sont dans le manuel de la classe. Il y a des plans de français (plutôt orientés fonctionnement de la langue) et des plans de mathématiques. Un plan est donné pour 3 semaines et demie. La souplesse est parfois de pousser à 4 semaines sans jamais atteindre 5 (sauf grosse exception). Dans la théorie, on pourrait faire 10 plans par an, mais dans la réalité, c'est 9 plans de français et 9 plans de mathématiques, avec un dernier qui est parfois difficile à achever.

 

 

 

La réussite d’un plan est liée au nombre d’exercices effectués par l’élève et validés par le professeur. Un plan est réussi si 2 exercices sont réussis par compétence, c’est-à-dire si chaque compétence est validée (cV). Ceci est un point d’équilibre.  Le palier du plan est donné en fonction de la moins bonne des compétences. Ainsi, 3 exercices réussis dans une compétence ne compenseront pas une compétence où un seul l’est. Dans un tel cas, le plan n’est pas validé. Cela ne signifie pas que l’élève ait forcément réalisé un mauvais travail, mais cette intransigeance fait partie de la règle instaurée et imposera à un élève de travailler toutes les compétences demandées, pas uniquement celles où il est à l’aise.

 

 

 

le plan en pratique

 

Quand on commence un plan dans la classe, les 6 compétences ne sont pas « ouvertes » dès le premier jour. Seules deux le sont. Tous les deux ou trois jours, nous ferons une « découverte » ouvrant ainsi une nouvelle compétence aux élèves. Ce fonctionnement permet de ne pas noyer les élèves dans la masse de 24 exercices, tout en les positionnant de suite dans une situation de choix.

 

Avant de se lancer sur leur cahier, les élèves doivent se repérer dans le manuel, faire le tri entre les exercices à faire et ceux qui ne le sont pas. L’élève doit s’éloigner de l’idée de faire tous les exercices dans l’ordre. Pas mal font cela en début d’année. Le fait que les plans ne sont pas aisés à réaliser dans leur intégralité (le fameux palier Expert) a pour conséquence immédiate de déséquilibrer le résultat du plan. Les élèves vont donc petit à petit devoir développer des stratégies efficientes, en clair s’adapter aux règles de travail. Ici nous ne parlons donc pas que d’autonomie (respect des règles), mais bien de pragmatisme (adaptation et choix stratégiques).

 

Il n’y a pas de cahier de brouillon. Tout se fait directement dans le cahier de plans. Il faut donc accepter que la présentation pourra souffrir des phases de recherches ou de correction. Mais l’expérience m’a montré que l’étayage au bureau doit se faire avec l’ensemble de la démarche de l’élève.

 

Lors des séances, quand un élève estime qu’il a fini un exercice, il a la possibilité de venir se faire corriger au bureau par le professeur. Les règles fluctuent de manière quotidienne quant à savoir qui est prioritaire ou non (de façon à donner un temps d'accueil adapté au besoin réel de chaque élève). Ainsi, chaque jour, les élèves doivent s’adapter à de nouvelles règles et adapter leur stratégie de venue au bureau.

 

La venue au bureau est l’occasion d’un étayage personnalisé. Chaque élève bénéficie d’une correction personnalisée  et des conseils que je juge utiles pour leur assurer la possibilité de parvenir à la réussite de leur exercice. Mais ceci n’est rien, car s’ils ne corrigent pas leur exercice eux-mêmes en revenant à leur table, ils n’obtiendront jamais la validation de celui-ci.

 

 


 

Dans la pratique, statistiquement, on obtient entre la moitié et les deux tiers de plans validés (le record étant de 85%). Cela varie d’un groupe classe à l’autre et il est clair que c’est lié au niveau général des élèves, mais c'est également lié à la difficulté des exercices proposés ou aux étayages mis en place.

 

En fait, la validation d’un plan doit être accompagné d’un minimum d’efforts, de façon à accompagner cette validation, d’une validation d’un effort personnel, d’un investissement, bref, cela doit être vécu comme une victoire par l’élève. C’est ainsi qu’il pourra se sentir responsable de ses apprentissages, c’est ainsi qu’il pourra ressentir l’impact des choix qu’il aura faits pendant le déroulé du plan.

 

 

J’utilise un code trois couleurs quand je corrige un exercice pour un élève : soit l’exercice est totalement réussi et je pose un point bleu sur le plan de travail, soit il est partiellement réussi et je pose un point jaune, soit l’élève n’a visiblement pas du tout encore acquis la compétence (ou il a mal lu la consigne…) et je pose un point rose.

 

 

 

On peut résumer les paliers de plan ainsi :

 

- 4 points bleus dans chaque compétence : palier Xp (Expert)

 

- 3 points bleus dans chaque compétence : palier cC (Compétences Confirmées)

 

- 2 points bleus dans chaque compétence : palier cV (Compétences Validées)

 

- 1 point bleu dans chaque compétence : palier cO (Compétences Observées)

 

- 1 point jaune dans chaque compétence : palier Po (Comp. Partiellement Observées)

 

- 1 compétence sans point jaune ou bleu : aucun palier atteint

 

 

On peut voir que le palier cV où je considère qu’un plan est réussi est au milieu de ces paliers. Cela tient à ma volonté de personnalisation des parcours.

 

 

Des modèles de plans sont à télécharger dans la section Ressources !