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l'Espace et le Temps


La nécessité que je me fais de l’observation des élèves et la nécessité pour moi de mettre des élèves devant des choix pragmatiques, m’ont amené à organiser ma classe d’une certaine manière.

 

Organisation Spatiale

 

J’ai choisi une classe organisée en ilots de quatre élèves. L’ambiance de la classe, les bavardages, et mes possibilités d’observations en sont impactées. Je change les élèves de place toutes les deux semaines. Là encore, on ne s’installe pas dans les habitudes et on doit être capable de produire un travail de qualité quelle que soit sa place dans la classe et quel que soit son voisin ! Au fil de l’année, certains élèves gagneront le droit de choisir leur place dans la classe. Ce choix ne sera pas toujours très stratégique au début, mais là encore, les choix se rationaliseront en fonction de critères qui leur seront personnels mais bel et bien assumés.

 

 

Il y a quelques avantages à cette disposition des tables. En premier, il n’y a pas de devant de la classe ni de fond de classe et on accepte les désagréments d’une position d’autant mieux qu’elle est provisoire. Le deuxième avantage, c’est la simplicité de faire un travail de groupe si besoin. Le troisième avantage, si l’on stocke les manteaux et les sacs le long d’un mur de la classe, c’est une circulation plus fluide pour la distribution, le ramassage ou l’étayage que l’on peut faire directement. Le dernier avantage que je note ici, c’est le fait d’avoir des outils partagés pour un seul ilot, comme le dictionnaire qui est toujours au centre de chaque ilot.

 

Je ne suis pas sûr que cet aménagement en ilôt soit indispensable à l’installation de la pédagogie CPR, mais j’y trouve mon compte. A chacun d’essayer (un certain temps pour voir, car il faut que les habitudes s’installent vraiment pour évaluer son impact), ou pas !

 

Organisation du Temps

 

Mon emploi du temps n’est pas fixe. Il existe, mais je ne me gêne jamais pour le modifier, pour le lisser sur l’année. Parfois, je décale une séance au lendemain, ou j’échange mathématiques et français, et parfois je propose des activités non annoncées à l’avance. Bref, je laisse une bonne place à la surprise. Je ne le fais pas forcément systématiquement, mais ce sont des situations où je contrains les élèves à s’adapter, à prendre des décisions, à réagir. C’est une bonne occasion de les observer ! Je rappelle que je m’appuie à ce moment sur la zone de confort psychologique que j’ai installée. Sans elle, ces surprises seraient anxiogènes, mais dans le cadre de cette zone, tout cela est un frein à la lassitude, une motivation. C’est ici que l’acceptation du contrat didactique impacte directement cet investissement et cette prise de risque des élèves.

 

Je ne m’interdis pas non plus certains créneaux, certaines longueurs de séances. Mon emploi du temps hebdomadaire type répond aux exigences des instructions officielles, mais je reste très souple. Les élèves peuvent parfois travailler sur une activité pendant plus d’une heure. Mais parfois aussi, il faut se lancer dans le travail pour seulement quelques minutes. Au fil de l’année, les élèves apprennent à s’adapter à toutes les situations. Il y aura aussi des projets parfois chronophages, il y aura des occasions de rebondir sur l’actualité. Si je juge qu’un débat est utile, je le lance et j’adapte rapidement l’emploi du temps de la journée ou même de la semaine pour rétablir les équilibres.

 

Je vais, la plupart du temps, annoncer le contenu de la journée dès le matin. Je peux aussi parler de la semaine à venir, ou même des objectifs que je me fixe sur une période. Bref tout est bon pour que les élèves maitrisent le temps de la classe alors que je fais tout pour éviter la rigidité des temps de classe. La durée nécessaire pour s’approprier ce fonctionnement diffère bien sûr d’un élève à l’autre, mais là encore le pragmatisme de chacun est en jeu et en développement.